L’Escrime Japonaise de Spectacle : L’Art du Tate (殺陣)

Bienvenue sur la page officielle de notre section dédiée à l’Escrime Japonaise de Spectacle (EJS), plus traditionnellement connue sous le nom de Tate (殺陣). Que vous soyez passionné par le cinéma de samouraïs, adepte d’arts martiaux, comédien dans l’âme ou simplement curieux, découvrez une discipline unique qui allie la rigueur du geste martial à la liberté de la scène et du cinéma.

⛩️ Qu’est-ce que le Tate (殺陣) ?

Le terme Tate (殺陣) (prononcé ta-té) désigne l’art de concevoir et d’exécuter des combats chorégraphiés pour le théâtre, le cinéma ou la télévision au Japon.

Contrairement aux arts martiaux traditionnels (Budo ou Koryu) dont le but ultime est l’efficacité face à un agresseur, l’Escrime Japonaise de Spectacle est une discipline artistique et martiale où l’accent est mis sur la beauté du geste, la créativité, l’expression des émotions et la sécurité des partenaires, plutôt que sur la compétition sportive.

Dans le monde du spectacle japonais, on distingue historiquement deux grandes terminologies :

  • Le Tate (殺陣) : Désigne spécifiquement les combats stylisés au sabre ou à mains nues dans un cadre historique (le Japon médiéval ou féodal).
  • Le Ken-geki (剣劇) ou Chanbara (チャンバラ) : Termes populaires popularisés par le cinéma pour désigner les « films de combat au sabre ». Le mot Chanbara est une onomatopée mimant le bruit des lames qui s’entrechoquent (chan-chan) et le bruit des corps qui tombent (bara-bara). A ne pas confondre avec Chanbara (sport chanbara) qui est une discipline sportive encadré par la JJFDA via le CNK.

⏳ Histoire et Origines : Du Théâtre Kabuki au Cinéma Moderne

Le Tate contemporain n’est pas né ex-nihilo ; il possède des racines théâtrales et cinématographiques japonaises très précises.

1. La stylisation du Kabuki (L’ère Edo)

À l’époque d’Edo, le théâtre traditionnel Kabuki intègre déjà des scènes de combat appelées Tate ou Tachimari (立ち回り). Cependant, ces combats étaient fortement stylisés, presque dansés, rythmés par les percussions traditionnelles (tambours et clapes de bois Ki). Les mouvements y étaient symboliques, lents et exagérés pour être compris de loin par le public.

2. La révolution de Sawada Shōjirō (Années 1920)

Le véritable tournant vers le Tate moderne a lieu en 1917, lorsque le comédien Sawada Shōjirō (澤田正二郎) fonde la compagnie théâtrale Shingekidō (新国劇). Influencé par les techniques réelles d’escrime (Kenjutsu) et désireux d’apporter plus de réalisme, il brise les codes rigides du Kabuki. Il introduit des combats rapides, vigoureux et réalistes. C’est à cette époque que le mot « Tate » (殺陣) commence à s’imposer pour désigner ce nouveau style d’escrime de spectacle réaliste.

3. L’âge d’or du Chanbara au cinéma

Avec l’avènement du cinéma sonore, le Tate quitte les planches pour investir les studios de tournage. Des réalisateurs de génie comme Akira Kurosawa transcendent le genre avec des chefs-d’œuvre comme Les Sept Samouraïs (1954) ou Yojimbo (1961). Le Tate s’adapte aux exigences de la caméra : gestion des angles de prise de vue, vitesse d’exécution, drama et coup de grâce théâtral. Pour répondre à cette demande industrielle, des ligues professionnelles de cascadeurs de sabre voient le jour, à l’image de la célèbre troupe Toei Tsurugikai (東映剣会), rattachée aux studios Toei de Kyoto, qui demeure aujourd’hui encore la référence absolue de l’EJS professionnel au Japon.

🎯 Pourquoi Pratiquer l’EJS chez Art et Budo ?

Notre méthode s’affranchit des dogmes rigides et des limites d’un seul style pour laisser une place totale à la créativité et à l’expression personnelle. Le cousinage avec les clubs d’escrime artistique européenne ou les académies de sabre laser est évident, mais notre approche est résolument « japonisante » (respect des postures, de l’étiquette et du rythme nippon).

Les bénéfices de notre pratique sont multiples :

  • Le Plaisir avant tout : En tant qu’activité de loisir, le plaisir est notre moteur principal. Nous n’avons pas de médailles à distribuer, notre but est de fédérer un groupe amical de passionnés.
  • La « Bagarre pour de faux » : L’EJS est l’adaptation encadrée du plus vieux jeu éducatif du règne mammifère. Nous assumons pleinement les bienfaits ludiques de ce jeu à tout âge.
  • L’Acting et la Gestion des Émotions : Un combat de spectacle est indissociable du Storytelling. Grâce aux techniques de comédie et de drame, le jeu d’acteur vous permet d’explorer votre personnalité et d’extérioriser des émotions parfois lissées par la vie en société.
  • Développer son Esprit Critique face à l’Image : Dans une société saturée d’images virtuelles, apprendre à construire et mettre en scène un alter-ego scénique permet d’aiguiser son sens critique. En comprenant les coulisses d’une cascade (captation vidéo, trucages), on apprend à analyser le pouvoir et les limites des images sur les réseaux sociaux et les médias.

a. Au niveau physique

De par sa pratique, l’EJS va développer :

* Une condition physique générale

* La coordination gestuelle

* Le sens de l’équilibre

* Le déplacement dans l’espace

* Le rythme respiratoire

* La souplesse des mouvements

* L’ambidextrie, aussi bien lors du travail à une arme

qu’à deux armes

* Les réflexes

b. Au niveau du comportement

* La mémoire

* Le respect du partenaire

* L’harmonisation spatiale et rythmique 

* La gestion du stress (spectacle)

* Le calme

* La réflexion

* L’humilité

* La créativité

* Le sens du spectacle

* La confiance en soi

c. Au niveau culturel

* L’histoire et la culture du Japon

* Les œuvres littéraires, cinématographiques, artistiques

* L’histoire de l’Escrime japonaise

* La fabrication des sabres, des costumes, des décors et des oeuvres les utilisants

📋 Déroulement d’un Cours Type

Nos séances de travail s’articulent autour d’une progression fluide que l’on peut résumer en 5 verbes clés : Donner, prendre, imiter, jouer, créer.

[Techniques de Sabre]  (Donner)  ➔ [Chutes & Réception] (Prendre) ➔ [Katas Traditionnels] (Imiter)➔ [Acting / Jeu] (Jouer)➔ [Création collective] (Créer)
                                                             
  1. Les Techniques de Sabre (Donner) : Échauffement corporel et apprentissage technique via les Suburi (coupes répétées) et les Kihon (mouvements de base). Travail des parades, esquives et tactiques. Cette phase est très proche d’un cours de Kenjutsu traditionnel.
  2. Les Techniques de Chutes (Prendre) : Apprentissage des cascades de cinéma et des chutes martiales pour apprendre à recevoir un coup de manière convaincante et à tomber au sol en totale sécurité. Ce travail développe la sensibilité (lecture de l’intention du partenaire), le timing et la gestion du stress.
  3. Le Kata (Imiter) : Enchaînement codifié mimant un duel au sabre. C’est notre précieux héritage culturel. Nous étudions des katas issus d’écoles traditionnelles ou contemporaines pour donner une cohérence historique aux futurs styles de combat des élèves. Nous étudions aussi les formes d’étude crées par d’autres troupe de tate.
  4. L’Acting (Jouer) : Jeux d’expressions et d’improvisation. Apprentissage de la respiration, gestion de la présence scénique et utilisation de la vidéo pour s’auto-évaluer. Le jeu englobe le drame historique comme la comédie.
  5. Création et Mise en Scène (Créer) : Par petits groupes, les pratiquants inventent une scène (contexte, intrigue, climax, résolution) et figent une chorégraphie rythmée, reproductible et totalement sécurisée.

⚔️ Notre Arsenal : Du Sabre Virtuel au Réel

Pour garantir une sécurité totale, nous classons notre matériel en fonction de ses caractéristiques d’usage, du moins réaliste (le plus sûr) au plus réaliste (réservé aux démonstrations) :

MatérielCaractéristiques et Usage
Le Sabre Invisible (Tekatana)Mains nues. Idéal pour mémoriser une chorégraphie à pleine vitesse ou stimuler l’imagination. Avec les enfants, il sert d’outil pédagogique (« sabre de verre ») pour enseigner le respect du matériel.
Le Sabre « Frite » (version Art et Budo)Poignée rigide en PVC et lame en mousse souple. Idéal pour un engagement physique maximum à pleine puissance, pour les initiations et la tactique, sans aucune protection.
Le Sabre « Chambara » (version Art et Budo)Structure interne en bois entourée d’une gaine en mousse avec une pointe (Kissaki) totalement souple pour amortir les estocs. Poignée en bois reproduisant le poids et les sensations réelles du Bokken. Permet un contact physique ultra-réaliste sans aucune lésion corporelle.
Le BokkenSabre traditionnel en bois rigide. Idéal pour le travail des techniques traditionnelles. Il introduit la notion indispensable de gestion de la peur (peur de blesser ou d’être blessé) et impose un contrôle rigoureux.
Le « Takemitsu » (竹光)Le sabre officiel du cinéma et du théâtre japonais. Véritable monture réaliste (Tsuka et fourreau Saya) dotée d’une lame en bois léger peinte en argent. Ultra-léger, il permet des mouvements rapides à l’écran mais exige une vraie maîtrise technique à cause de sa fragilité.
Le Iaito « Alu »Réplique métallique en alliage léger non tranchant. Idéal pour la scène et les tournages car il offre l’éclat de l’acier tout en limitant la fatigue. Les chocs lames contre lames y sont strictement limitées.
Le Iaito « Classique » / ShinkenRéplique lourde de Iaido ou sabre réel tranchant (Shinken). Réservés exclusivement à la pratique individuelle ( tests de coupe Tameshigiri pour les pratiquants très avancés).

Le socle commun de l’association s’étudie au sabre long (Katana). Cependant, en fonction de nos projets de films ou de spectacles, les élèves sont amenés à manier d’autres armes typiques du Japon féodal : sabre court (wakizashi), couteau (tanto), lance (yari), hallebarde (naginata) ou faucille à chaîne (kusarigama).

👥 Les Rôles au sein de notre Troupe : Une Aventure Collective

La création d’un spectacle ou d’un court-métrage de Tate repose sur une multitude de talents complémentaires. Si la plupart des rôles sur scène sont endossés par nos sabreurs, il est tout à fait possible de rejoindre notre association uniquement pour travailler en coulisses ou en post-production (par exemple, si vous souhaitez uniquement faire de l’ingénierie son ou du montage) !

🎭 Côté Scène (Omote – Ce que voit le public)

  • Acteur / Sabreur : Le cœur performatif, sur scène ou devant la caméra.
  • Acteur Figurant : Donne de l’épaisseur narrative au décor sans participer directement aux combats.
  • Kuroko (黒衣) : Les machinistes de l’ombre vêtus de noir inspirés du théâtre traditionnel. Ils orchestrent les effets spéciaux sur scène (gérant l’illusion visuelle) : le public les voit mais apprend à ne pas les remarquer.
  • Créateurs Visuels (Costumier, Accessoiriste, Make-up artist) : Ils façonnent les costumes d’époque, gèrent l’arsenal et réalisent les coiffures, perruques et effets de blessures.

🎬 En Coulisses (Ura – Ce que le public ne voit pas)

  • Auteur / Scénariste : Écrit l’histoire, la dramaturgie, le script et les voix-off.
  • Storyboarder : Dessine plan par plan la structure visuelle avant le tournage.
  • Chorégraphe de combat : Conçoit les passes d’armes et assure la sécurité.
  • Équipe Technique (Cadreur, Ingénieur son, Monteur, Décorateur) : Gère les caméras, la prise de son, les décors et l’assemblage final du film.
  • Metteur en scène / Réalisateur : Harmonise et orchestre l’ensemble des talents.
  • Équipe de Production (Soutien de l’ombre, Chargé de communication, Administrateur) : Gère l’intendance en coulisse, la communication avec le public, les réseaux sociaux, le budget et les partenariats.

📅 Infos Pratiques : Où et Quand s’entraîner ?

Notre équipe de passionnés (composée de pratiquants d’arts martiaux et d’escrime artistique occidentale) vous accueille toute l’année. Les inscriptions se font en ligne sur HelloAsso.

📍 Section Voiron (Centre des Cultures du Monde)

  • Public : Adultes et jeunes adultes (tous niveaux, débutants bienvenus).
  • Horaire : Le Lundi de 20h à 21h30.

📍 Section Rives (Gymnase Municipal)

  • Cours Tate Enfants (dès 7 ans) : Le Jeudi de 17h00 à 18h00. (Idéal pour développer la coordination, le respect et s’amuser en sécurité).
  • Cours Tate Ados & Adultes :Le Jeudi de 20h00 à 21h30 à Rives (Gymnase Municipal).

🏛️ Complément : L’Atelier Traditionnel (Tenshin Ryu Hyoho)

Pour les puristes désirant s’ancrer dans une pratique purement martiale et traditionnelle, l’association propose (en parallèle du Tate) des ateliers dédiés à l’école de sabre traditionnelle Tenshin Ryu Hyoho (天心流兵法).

  • Objectif : Bâtir un noyau de pratiquants motivés en Isère afin de pouvoir inviter les Maîtres japonais (Sensei) dans notre région et organiser des covoiturages pour les rencontrer lors de stages nationaux.
  • Public : Ouvert à tous. Les débutants pratiquent au sabre en bois (Bokken), tandis que les titulaires d’un 1er Dan ou plus dans une autre école de Iaido peuvent venir avec leur propre Iaito.
  • Horaire hebdomadaire : Le Jeudi de 18h15 à 19h45. (Gymnase Municipal).

💼 Événementiel : Nos Prestations sur Mesure

Vous organisez un festival culturel, une convention manga, une brocante japonaise, une fête médiévale ou un événement d’entreprise ? Notre troupe se déplace et s’adapte à vos besoins sur devis :

  • Démonstrations & Initiations à la journée : Présence de la troupe en costume traditionnel toute la journée. Nous proposons des initiations ludiques au sabre pour vos visiteurs et exécutons une ou plusieurs démonstrations de combats chorégraphiés sur scène au cours de la journée.
  • Show Troupe : Production sur scène de nos spectacles phares : La chute du héros (15 min) par exemple.
  • Conférence Sabrée : Une formule culturelle et ultra-vivante ! Nous parlons de l’histoire des samouraïs, des ninjas et des codes du manga, le tout saupoudré de démonstrations de combats réels exécutés en direct pour illustrer le propos.
  • Ouverture de Film : Idéal pour les exploitants de cinémas. Nous intervenons en salle de projection pour une démonstration de sabre immersive juste avant le lancement d’un film d’époque ou d’un film de sabre japonais (cinéma asiatique, animation, etc.).
  • Cours Privé / Team Building : Vivez une expérience immersive mémorable entre amis ou collègues ! Nous fournissons tout le matériel sécurisé, nous vous formons aux bases de l’EJS et de l’acting, et vous incarnez de véritables samouraïs le temps d’une journée.

📥 Contact, Devis & Inscriptions : Visitez notre site principal artetbudo.com ou rejoignez-nous directement sur nos réseaux sociaux ! Nous avons hâte de vous accueillir au sein de la troupe.

📚 Sources historiques & Références bibliographiques :

  • Sawada Shōjirō et la naissance du Shingekidō (新国劇) – Archives du Théâtre National du Japon (国立劇場).
  • Toei Tsurugikai (東映剣会) – Chroniques et techniques de l’Escrime de Spectacle des Studios de Kyoto.
  • Fédération Française d’Escrime (FFE) – Livret de formation en Escrime Artistique.
  • Histoire du Kabuki : Les codes du Tate (殺陣方式) – Université des Arts de Tokyo (Geidai).

Ce contenu est le fruit d’un travail de co-écriture combinant les recherches de l’auteur et l’assistance d’une IA pour la mise en forme.

Tate (殺陣) : L’Art du Combat Scénique Japonais

Proposition de traduction de l’article japonais proposé sur wikipedia

Le Tate (殺陣 / たて) désigne les techniques de combat scénique (à mains nues ou avec des armes) exécutées par les acteurs au théâtre, au cinéma ou dans les séries télévisées. Il est également appelé Enjin (演陣), Gito (技斗), Gito (擬斗) ou Gito (擬闘). En règle générale, le terme Tate est principalement utilisé pour les drames historiques (Jidaigeki / 時代劇), tandis que Gito s’applique aux œuvres contemporaines (Gendaigeki / 現代劇).

✒️ Origine des Termes

L’origine du mot Tate (殺陣)

L’origine du terme remonterait à une anecdote impliquant Sawada Shojiro (沢田正二郎), le directeur de la compagnie théâtrale Shinkokugeki (新国劇). Alors qu’il cherchait à définir le programme d’une pièce, il proposa par boutade le mot Satsujin (殺人 – littéralement « meurtre »). Le dramaturge de la troupe, Yukitomo Rifu (行友李風), jugeant l’expression trop brutale, suggéra d’utiliser à la place le caractère Jin (陣 – « camp / formation militaire »).

Cette pièce fut jouée pour la première fois en 1921, mais le mot se lisait encore Satsujin. C’est en 1936, lors de la représentation commémorative du 7e anniversaire de la mort de Sawada, intitulée Tate Tamura (殺陣田村), que la lecture Tate s’est imposée. Le mot existait cependant déjà auparavant comme abréviation de Tachimari (立ち回り), qui désignait les scènes d’action dans le théâtre Kabuki.

NDT : les kanjis de Tate 殺陣 évoquent pour des japonais non avertit une connotation assez « négative » car les idéogrammes indiquent littéralement « meurtre de masse ». C’est pour cela que certains proposent d’autres écritures/lectures voir d’autres noms pour la discipline.

L’origine de Gito (技斗) et Enjin (演陣)

  • Gito (技斗) : Ce terme a été forgé par Takase Masatoshi (高瀬将敏), chorégraphe de combat pour les studios Nikkatsu (日活). Estimant qu’il serait irrespectueux envers les anciens d’utiliser le mot Tate (propre aux samouraïs) pour des combats contemporains, il créa ce néologisme. Il apparaît pour la première fois au générique du film Ore no Kenju wa Subayai (俺の拳銃は素早い – « Mon pistolet est rapide« , réalisé par Noguchi Hiroshi) en 1954.
  • Enjin (演陣) : Plus récemment, le maître d’armes Muromachi Daisuke (室町大助) a proposé d’écrire Enjin (qui se lit aussi Tate) afin d’éviter l’utilisation du caractère « tuer » (殺), jugé parfois trop sensible à notre époque.

🎬 Évolution et Cinéma

L’histoire du combat scénique au Japon se divise en cinq grandes périodes :

La Période Pionnière (1896 – début des années 1920) : Le cinéma japonais naissant copie le théâtre Kabuki. Les combats ne sont alors que de simples reproductions des postures stylisées (Kata / 型) de la scène traditionnelle. L’acteur Onoe Matsunosuke (尾上松之助) rompt ce rythme lent en y injectant de la vitesse, captivant le public.

La Période de Développement (années 1920 – 1945) : Le style s’enrichit grâce au Theatre Shinkokugeki (qui introduit un réalisme sans sabres réels) et à l’influence des films occidentaux qui apportent des mouvements acrobatiques verticaux et horizontaux, ainsi qu’une dimension quasi chorégraphique.

La Période de Stylisation (années 1950) : C’est l’âge d’or des films historiques de la Toei (東映). Les stars de l’époque ayant une formation de danse traditionnelle, le Tate prend une tournure très esthétique et dansée.

La Révolution d’Akira Kurosawa : Le réalisateur bouleverse les codes en introduisant un réalisme viscéral : les sabres font du bruit à l’impact et le sang gicle. Les combats sont bien plus sobre en mouvements et privilégie la tension entre les combattants.

La Période Post-Kurosawa (depuis 1962) : Les productions continuent globalement de s’inscrire dans l’héritage réaliste initié par Kurosawa.

💡 Le tournant des années 1970 : Face au manque de structures pour former les acteurs aux scènes de combat, l’acteur mythique Sonny Chiba (Chiba Shinichi / 千葉真一) fonde la JAC (Japan Action Club) en 1970 pour former des comédiens capables de réaliser leurs propres cascades sans doublure.

NDT : Le saviez vous ? Sonny Chiba est le père de Makenyu : le Zoro du live action One piece !

NDT : aujourd’hui on voit apparaitre une sixième étape, via l’influence du Wuxia et des chorégraphes hongkongais , avec des scènes de combats plus contemporaines avec des acrobaties et des mouvements proche de l’épée chinoise (par exemple les live action Kenshin des années 2010 via Kenji Tanigaki 谷垣 健治 ). On peut aussi noter l’apport d’autres influences, par exemple celle du kali philippin via des combats co chorégraphié par Jun’ichi Okada (岡田 准一)

🎭 Signification Théâtrale et Pratique

Dans l’industrie, le terme Tate désigne le combat au sabre historique, tandis que le Gito se concentre sur le combat à mains nues contemporain (parfois appelé Gendaizai Tate / 現代殺陣). Le combat de sabre populaire est aussi familièrement appelé Chanbara (チャンバラ) ou Ken-tate (剣殺陣).

NDT : Parmis les troupes d’acteurs/cascadeurs, certains anciens du tate ont fondé des groupement spécialisé dans les sentai (kamen rider, ultraman et autres powerranger)

Toutefois, pour le maître d’armes Muromachi Daisuke, le véritable Tate doit rester indissociable du film d’époque. Il alerte également sur la multiplication récente d’instructeurs s’autoproclamant « maîtres de Tate » après seulement quelques mois de pratique d’action moderne, insistant sur le besoin de rigueur pour éviter les accidents et préserver la quintessence de cet art traditionnel. Un avis que partageait le regretté Hayashi Kunishiro (林邦史朗).

Les métiers de l’action

  • Tateshi (殺陣師) / Enjinshi (演陣師) : Le chorégraphe de combat classique.
  • Directeur d’Action (Action Kantoku / アクション監督) : Apparu plus récemment, il dispose, contrairement au Tateshi classique, du pouvoir de choisir les angles de caméra et d’encadrer la mise en scène de la seconde équipe (Second Unit).
  • À Hollywood, on utilise les termes de Fight Choreographer ou Action Supervisor.

⭐ Les Maîtres du Genre

Déterminer qui est le meilleur acteur de Tate reste un débat passionné parmi les cinéphiles. Si les noms de Konoe Jushiro (近衛十四郎) ou Yorozuya Kinnosuke (萬屋錦之介) reviennent souvent, le titre de « numéro 1 de l’histoire » est fréquemment attribué à Wakayama Tomisaburo (若山富三郎), célèbre pour sa fluidité et sa férocité dans la saga Baby Cart (Kozure Okami / 子連れ狼) ou la scène finale d’anthologie dans Samurai Reincarnation (Makai Tensho / 魔界転生).

Parmi les acteurs et maîtres contemporains :

  • Sanada Hiroyuki (真田広之) : Inégalable au maniement de la hallebarde (Naginata / 薙刀). Ndt : Fameux pour son rôle dans la production et l’acting pour le remake de Shogun (mémorable dans Le dernier samurai, Mortal kombat, Twilight Samurai), certainement l’un des acteurs japonais le plus connu en occident.
  • Satomi Kotaro (里見浩太朗) : Réputé pour l’élégance de son style à deux sabres (Nito-ryu / 二刀流).
  • Muromachi Daisuke (室町大助) : Considéré par beaucoup comme le digne héritier technique du style puissant de Wakayama Tomisaburo.

🛡️ Le Réalisme contre l’Esthétique

Le cinéma japonais a oscillé entre illusion et ultra-réalisme. Dans des films comme Kozure Satsujinken (子連れ殺人拳) ou Gekisatsu! Jadoken (激殺! 邪道拳), Sonny Chiba et les cascadeurs de la JAC se portaient de vrais coups, filmés en un seul plan-séquence alternant vitesse normale et ralenti.

Le réalisateur Gosha Hideo (五社英雄) cherchait lui aussi un réalisme brut. Pour ses films Gaworono-suke (牙狼之介) mettant en vedette Natsuyagi Isao (夏八木勲), il utilisait de véritables lames de fer émoussées (Tetsumi), ayant le même poids qu’un vrai sabre. Natsuyagi Isao racontait :

« À la Toei Kyoto, on utilisait des sabres en bambou recouverts de papier d’argent (Takemitsu), mais chez Gosha, c’était du fer. Quand les lames s’entrechoquaient, cela faisait un bruit fracassant et des étincelles volaient. Gosha nous disait : « Frappez pour de vrai, sinon c’est faux ». »

À l’international, l’équivalent occidental du Tate est le combat de scène (Stage Combat). Le style japonais a également été fortement influencé par les affrontements à mains nues des westerns (Bare-knuckle fight), puis par la révolution des films de kung-fu menée par Bruce Lee avec Opération Dragon (1973).

🛠️ Accessoires de Scène

Bien que de vrais matériaux soient parfois utilisés pour le réalisme, la sécurité et le budget imposent souvent l’usage de substituts :

  • Le Sabres Japonais : Utilisation fréquente de Takemitsu (竹光 – sabre de bambou recouvert de papier argenté) ou de répliques en duralumin. Ils sont sécurisés, mais leur légèreté rend parfois les mouvements de coupe visuellement trop « volants ».
  • Les Bâtons métalliques : Faits de caoutchouc ou de mousse élastique, recouverts de tissu de couleur métallique ou de similicuir.
  • Les Tabi et Zori (足袋・草履) : Pour éviter de glisser et protéger le dessous des pieds sur les plateaux de tournage, les acteurs portent des Matsuri-tabi (足袋 de festival), qui possèdent une fine semelle de caoutchouc dissimulée. Pour les actrices devant tourner pieds nus en extérieur, on utilise parfois des Tabi teintées couleur chair pour simuler la nudité du pied tout en évitant les blessures.
  • Les Armes à feu : Les armes réelles à blanc d’autrefois ont été remplacées par des Stage guns (armes factices de scène) ou des Model guns de collection.

⚠️ Sécurité et Évolution Professionnelle

En 1989, un drame survient sur le tournage du film Zatoichi (座頭市) réalisé par Shintaro Katsu : l’acteur Ryutaro Gando blesse mortellement un membre de l’équipe avec un vrai sabre lors d’une scène de combat.

À la suite de cet accident, le syndicat des acteurs japonais (Nihon Haiyu Rengo) crée un « Comité pour la sécurité du Tate » (devenu la division Action) afin de standardiser les mesures de sécurité et l’assurance obligatoire sur les tournages. En 2005, le système de « Licence d’Action » (Action License) voit le jour, instaurant un système de grades (Dan) pour évaluer et certifier les compétences des acteurs.

🏢 Liste des Organisations et Personnalités (Ordre Alphabétique Japonais)

Organisations / Compagnies de Cascadeurs

Tateshi (Chorégraphes de Combat) 殺陣師

  • Adachi Reijiro (足立怜二郎)
  • Azuma Eitsugu (東悦次)
  • Bob Anderson (ボブ・アンダーソン)
  • Ishimatsu Daigo (石松代伍)
  • Ina Kanta (伊奈貫太)
  • Ibuki Kentaro (伊吹謙太朗)
  • Ibuki Sotaro (伊吹聰太朗)
  • Ueno Ryuzo (上野隆三)
  • Uni Kanzo (宇仁貫三)
  • Omi Yujiro (近江雄二郎)
  • Okino Koji (沖野晃司)
  • Oda Koichi (織田幸一)
  • Ogata Shinnosuke (尾型伸之介)
  • Kaki Tatsumaru (柿辰丸)
  • Kaneda Osamu (金田治)
  • Kato Masaki (加藤正記)
  • Kikuchi Ryushi (菊地竜志)
  • Kuchi Akira (久地明)
  • Kusumoto Eiichi (楠本栄一)
  • Kuze Hiroshi (久世浩)
  • Kuze Ryu (久世竜)
  • Kunii Masahiro (國井正廣)
  • Kunimoto Keiichi (国本圭一)
  • Kurihara Naoki (栗原直樹)
  • Atsumi Hiroshi (渥美博)
  • Sasaki Shuhei (佐々木修平)
  • Shimaguchi Tetsuro (島口哲朗)
  • Shimizu Teruo (清水照夫)
  • Sugawara Toshio (菅原俊夫)
  • Seike Mitsuhiko (清家三彦)
  • Seike Kazuto (清家一斗)
  • Segi Kazumasa (瀬木一将)
  • Takakura Eiji (高倉英二)
  • Takase Masatsugu (高瀬将嗣)
  • Date Hiroshi (伊達弘)
  • Tanaka Kobunsubaro (田中耕三郎)
  • Tani Akinori (谷明憲)
  • Nawa Yumio (名和弓雄)
  • Doi Junnosuke (土井淳之祐)
  • Nishimoto Ryojiro (西本良治郎)
  • Hayashi Kunishiro (林邦史朗)
  • Hio Takashi (日尾孝司)
  • Matoba Tatsuo (的な達雄)
  • Mishima Kazuo (三島一夫)
  • Miyoshi Ikuo (三好郁夫)
  • Mizno Dai (水野大)
  • Muromachi Daisuke (室町大助)
  • Mori Seiji (森聖二)
  • Yamaoka Junji (山岡淳二)
  • Yuasa Kentaro (湯浅謙太郎)
  • Godai Shinichi (五代新一)

11-12-13 Mars 2024 – Shibuya – Shinjuku – Yoyogi

Mercredi 13 Mars

SHIBUYA

Journée “complète” de cours avec ce matin un cours sur les kanji de niveau N4 que je prends en cours de route. Pour le premier cours j’étais complètement largué. Vraiment à deux doigts d’aller voir la prof pour demander à retourner dans un cours moins avancé. 1h20 de souffrances… Mais bon à la pause nous changeons de thème et ça se passe beaucoup mieux. Les kanji sont sûrement le point sur lequel je suis le plus en retard sur mon niveau “supposé”. L’après-midi cours de vocabulaire, petites révisions de la semaine dernière puis découverte des thèmes “fashion” et “recyclage”. Intéressant mais les prochains cours sont sur “manga” et “culture traditionnelle”, manque de chance le jour de mon anniversaire est férié au Japon et je n’aurais pas cours et je ne verrai donc pas ces thèmes… Pour ceux qui se posent des questions sur ce genre de séjour : non trois semaines ce n’est pas assez pour prendre le rythme de la méthode, c’est quand même intéressant mais les élèves sont nombreux à rester plusieurs mois. Par contre, c’est un excellent objectif pour travailler avant d’y aller.

C’est naze les photos de mon téléphone non ?

YOYOGI

Pour avoir quelques nouvelles photos, je vais au parc Yoyogi 代々木.Célèbre pour son jardin d’Iris mais ce n’est pas actuellement la saison. Les torii du Yoyogi Kouen sont très beaux et ce parc très arboré est très agréable (sûrement encore plus l’été). J’y visite le Meiji-jingū 明治神宮, c’est un temple très impressionnant par sa taille mais il y a pas de monde. Vous commencez à me connaître, je préfère être seul dans un petit sanctuaire que des dizaines dans un immense monument. Cela je ne regrette pas du tout cette visite car l’impression est quand même forte.

Après cela, je repère sur la carte “dojo et trésors nationaux”. J’y vais donc, et ne trouve que des portes closes. Les bâtiments sont beaux mais leur contenu n’est pas ouvert au tourisme. toujours est il que cette partie du parc est assez différente et très calme. Énorme frustration car j’entend un cours de kendo dans le dojo et aperçois vaguement un cours d’aïkido par la fenêtre. C’est presque dommage que les cours de budo ne soient pas publics pour diffuser un peu ces pratiques. On peut assister sans problème à un match amateur de baseball, mais pas de kendo ?

Autres pratiques qui restent confidentielles, l’architecture et l’artisanat. Alors même que les gens se déplacent en foule pour admirer ces très beaux bâtiments qui incarnent tout l’exotisme de cette culture passionnante, on entend rarement la phrase : “ce que j’aime au japon ? l’architecture. “ Oui, sans d’excellents charpentiers (entre autres) ces temples n’auraient pas du tout la même allure. Le fait est que l’artisanat se meurt au Japon comme en France alors même que les foules se déplacent pour admirer les vestiges. Concernant l’architecture, si elle se porte bien au Japon (je crois?), il me semble clair que les visiteurs gagneraient à en découvrir davantage pour en apprécier toute la subtilité. C’était quand même pas une mauvaise idée les cours de vulgarisation de la pratique architecturale, je reprendrai surement ça un jour…

Mardi 12 Mars

SHIBUYA

Nouvelle matinée de cours, c’est intéressant et tout se passe bien. J’envisage de reprendre mes cours depuis le début du séjour pour faire un récap des notions abordées. Ça me permettra de réviser et pour les curieux qui apprennent le japonais ça peut servir ! La météo aujourd’hui est exécrable, il pleut des cordes. je n’ai du coup pas vraiment de photos pour ces deux journées. Je les illustrerais donc avec des photos plus anciennes. Pour l’après-midi j’ai deux possibilités: aller au maid café avec l’école et mes petits camarades ou aller à la JAF pour faire traduire mon permis. Comme je suis vieux et pas du tout dans le délire des maids, je choisis de passer une partie de mon après à tester l’administration japonaise ! Je me rend donc à Hamamatsusho pour traduire mon permis. Pourquoi, tout simplement parce que dans la deuxième phase du voyage je serais amené à conduire au japon (et Emilie aussi). Après avoir testé deux solutions, je peux vous faire un retour d’expérience. Pour (r)assurer, nous avons fait traduire son permis depuis le france via japan expérience pour 75€. C’était assez rapide et ma foi efficace. Sachant que j’avais trois semaines sur place, j’ai choisi de faire traduire le mien ici. Résultat, ça m’a pris une heure (et j’ai la traduction, mais en fonction celà peut prendre deux semaines) et couté 4000yen (+- 25€). La démarche est simple, le formulaire est en français , et le monsieur qui gérait ça était aimable et efficace. Honnêtement je ne pensais pas que ce serait si simple et rapide. Donc si celà colle avec votre planning, c’est une solution assez facile.

SHINJUKU

Ensuite je suis allé à Shinjuku, pour acheter un disque dur externe car les vidéos du voyage vont bientôt remplir mon pc portable. Je commence par faire un tour à Yodobashi Camera, je n’ai pas trouvé ce que je voulais et c’est extrêmement saturé d’informations. Je n’ai pas aimé. J’ai donc filé chez Bic camera. Là c’est plus sympa. j’ai acheté un bandage pour mon pouce qui saigne quand je fais du sabre et j’ai trouvé mon disque dur parmi un vaste choix. Mais bon les magasins c’est pas mon trucs, et internet offre bien plus de choix y compris qu’un magasin aussi réputé. L’heure de mon cours de iaijutsu approche et comme il pleut toujour beaucoup, je reprend la yamanote sen pour un arrêt ( et gagnez 20 min de marche sous la pluie)

J’arrive au cosmic center et échange des petits gâteaux et des cacahouettes à la noix de coco (de thaïlande) avec deux pratiquants du dojo. Nous sommes dans une autre salle que la semaine dernière, et même si elle est plus petite, elle est magnifique. Surement le plus beau dojo que j’ai visité. Comme d’habitude, l’ambiance est bonne et le travail sérieux, nous revoyons des techniques vues dimanche (ça n’est pas plus mal pour moi) et des nouvelles. J’ai bien sympathisé avec Arakawa sensei. Malheureusement il n’y a pas cours mardi prochain à Shinjuku et c’est donc là dernière fois que je vois une bonne partie de ces pratiquants. Avant de prendre le train , je mange un ramen avec l’un douhai 同輩. Heureusement il parle très bien anglais (mieux que moi) et nous partageons un bon moment. Constat du jour : mon japonais est encore insuffisant pour échanger directement avec les natifs. Je pensais ralentir les cours en rentrant mais si je veux atteindre mon objectif linguistique, il va falloir que je bosse ! Ces trois semaines de cours sont utiles mais ça ne va pas me donner le coups de boost dont je rêvais.

Lundi 11 mars

Ça manquait un peu de journée banale non ? Et bien ce lundi en était une. Je me suis levé pour vous écrire sur mon weekend de fou, puis je suis allé en cours. J’ai tenté un petit restaurant au hasard à côté de l’école, en plein Shibuya. Au “gindako” et j’ai mangé des Soba sautés et des petites crevettes frites. Le repas était très bon pour un prix similaire à mes casses croutes au 7/11. Franchement pas mal. En cours, nous avons conclu le thème de la semaine dernière par un test (97/100). En rentrant dans ma famille d’accueil je partage un bon repas avec mes “collocs” et nous discutons pas mal. C’est un peu dommage mais nos “parents” d’accueil ne partagent pas les repas avec nous. Ils sont là, on discute un peu, mais ils ne sont pas à table avec nous ( les 4 jeunes hommes étudiant le japonais). Ils sont par ailleurs adorables, mais je regrette un peu de ne pas plus échanger avec eux. D’un autre côté, les autres restent plusieurs mois, moi je ne suis que de passage trois semaines. Bref, j’ai rencontré des mexicains très sympas au japon !

Surement à cause de la fatigue mais c’est une journée ou je me sens un peu moins bien. Mais bon c’est passé très vite et au moment où je publie ces lignes ça fait déjà quelques jours.

Dimanche 10 Mars 2024 – SETAGAYA

Comme hier, il fait très beau, peut-être même un peu plus chaud. M’étant couché bien tard, je profite de la matinée pour dormir un peu. J’ai prévu de marcher tout l’après-midi et de finir par 3h de iaijutsu, il faut que je sois en forme ! Je prends aussi du temps pour finir de vous écrire et traiter les photos.

J’ai prévu de visiter deux temples aujourd’hui. Je me dirige donc vers le premier. En chemin, je m’arrête pour manger des udon. Après un petit thé offert en guise d’accueil, je choisis des udon avec des petits morceaux de canard. Les pâtes sont très bonnes, les morceaux de canard un peu petits mais le bouillon excellent (je me brûle d’ailleurs un peu en le buvant). J’arrive donc au Gōtokuji Temple 大谿山 豪徳寺. C’est assez vaste, très beau mais il y a peu de monde. La foule de manekineko est impressionnante et trop mignonne.

Je vais ensuite au temple shinto Setagaya Hachimangu 世田谷八幡宮. Plus tranquille mais moins impressionnant, l’ambiance y est très sympathique.

Il me reste un peu de temps avant le cours, je me dirige donc vers un troisième sanctuaire plus à l’est : Shōin Shrine 松陰神社. Encore plus petit, l’attraction principale est une petite maison traditionnelle utilisée pour donner cours. Malheureusement, elle ferme au moment où j’arrive. Dommage, heureusement il fait beau et la balade est agréable. Je m’offre un petit goûter dans le parc voisin (dorayaki crème/haricot rouge et daifuku haricot rouge).

Allez en route pour l’activité de la journée ! Battojutsu /iaijutsu de l’école Tenshin Ryu (la même que mardi)

Toujours honteux de mon retard le premier jour, j’arrive avec pas mal d’avance. Nous descendons à la salle, échangeons quelques mots, une pratiquante partage même ses chocolats hello kitty. Encore une fois les pratiquants sont très amicaux. Je fais la rencontre d’Ide Ryusetsu 井手 柳雪 sensei et il me sort quelques mots en français. Il est lui aussi très gentil et fait beaucoup d’efforts pour parler anglais (et même français). C’est d’ailleurs le cas général des sensei de Tenshinryu. Ayant une volonté de se développer à l’étranger, ils essaient un maximum de faire les cours dans les deux langues lorsque des étrangers sont là. C’est pas mal car je peux suivre sans effort le cours et tenter de comprendre l’explication en japonais qui précède ou suit. Concernant la pratique, nous commençons d’entrée par un kata non pas compliqué mais difficile techniquement surtout lorsque l’on n’a pas l’habitude de cette école. Il s’agit de dégainer vers le haut, d’inverser les mains en haut et de couper avec la main gauche devant. Pas simple… Nous enchaînons ainsi les techniques (variées) pendant plus de deux heures trente avec quelques petites pauses. Nous pratiquons debout, à genoux, seul ou à deux. Kuwami sensei explique qu’en Tenshinryu, lorsque l’on fait un bunkai (analyse martiale à deux) il ne s’agit pas de prêter son corps impassiblement pour vérifier les cibles et les distances. Il ne s’agit pas non plus de surjouer les dégâts comme en Tate mais quelque chose entre les deux. Les distances sont plus justes avant une réaction plus réaliste et le timing est travaillé ainsi plus précisément. Cela pousse à une certaine exigence car le rythme de pratique de cette école et sa complexité peuvent rendre cet exercice dangereux (à pratiquer avec un bon encadrement donc). Bref encore un cours fort intéressant dans une très belle ambiance. J’assiste en plus à la remise de certificat de Marios (le sensei Grec), et c’est assez cool de partager ce genre de moment de la vie de l’école. Nous discutons un peu à la sortie et trois pratiquantes me raccompagnent au train, comme la veille on s’amuse à échanger des mots en français et en japonais. Les Japonaises que je rencontre rêvent toutes de visiter Versailles, c’est amusant.

Ma première semaine au Japon est déjà finie ! Je mesure la chance que j’ai d’être là. Concernant la pratique, les visites et la langue, j’aimerais faire plus. D’un autre côté, avec l’école, la fatigue et les transports, ce n’est pas vraiment évident. Au final, mon rythme est ce qu’il est, je vis de belles choses dans de bonnes conditions.

Demain est une journée plus classique et j’ai pas mal de retard sur le traitement de mes photos et vidéos donc sûrement pas de post 😉

Matthieu

Mercredi 6 mars 2024 – Repos/Shibuya


Repos – Shibuya

Parce que toutes les journées ne peuvent pas être aussi folles. Ce mercredi est un jour calme. J’ai pris la matinée pour me lever tranquillement et vous écrire. L’après-midi, j’avais mes premiers cours « SPIN », des cours supplémentaires pour la formule intensive. La première partie était sur le vocabulaire et fut amusante et bénéfique. La seconde, basée sur l’écoute et les animés, était bien partie, mais mes camarades étaient tellement excités par la projection des extraits d’anime qu’on a perdu un peu trop de temps à mon goût. L’enthousiasme, c’est bien, mais là c’était un peu au détriment du travail. Bref, je suis un peu vieux et j’aurais aimé travailler un peu plus. Passons.

Voilà une journée passée sans folles aventures à vous raconter ! Demain j’ai un peu de temps et la météo s’annonce meilleure, donc j’aurai sûrement plus de choses à vous montrer.

Je quand même essayé de faire quelques photos de Shibuya de nuit depuis la salle commune de l’école.

Mardi 5 mars 2024 – Shibuya – Shinjuku

SHIBUYA 渋谷

Premier jour de vrai cours, nous sommes une quinzaine par classe. Le niveau est à peu près homogène. J’ai l’impression d’être assez à l’aise en expression orale, mais les points de vocabulaire et de grammaire que nous revoyons ne sont pas parfaitement acquis. Le test de niveau était donc plutôt pertinent. Mon enseignante 先生 ( sensei ) est très dynamique, sympathique, et la classe est agréable. À midi, je mange un tonkatsu トンカツ 7/11 (après les onigiris d’hier), et franchement pour de la nourriture de superette c’est très bon. Encore un petit cours et la matinée est finie. J’ai quelques heures à tuer avant le cours de ce soir. J’avais prévu de visiter Shinjuku 新宿, mais il fait un temps horrible et je suis d’un coup très fatigué. Après avoir tergiversé quelques dizaines de minutes dans l’espace commun de l’école (d’ailleurs assez bruyant à ce moment-là), je me décide à faire une sieste pour être en forme le soir.

J’avais pour projet de tester les manga kissa (un endroit avec des box privés pour lire des mangas , jouer aux jeux vidéo, et faire ce que vous voulez) à un moment donné dans mon séjour. C’est chose faite, car j’ai fait ma sieste au MAMBOO de Shibuya ! Pour 1000 yen, environ 6€, j’ai pu m’allonger presque deux heures, me rafraîchir avec des jus de fruit à volonté et j’aurais pu profiter des autres services (toilettes, douche, électricité, etc…). La cabine fait pile ma taille en longueur. Le confort est un peu juste du coup mais c’est très calme et il y a une petite musique à très bas volume. Trop bas volume car j’entendais un peu trop mes voisins dans les box d’à côté…

SHINJUKU 新宿

Je n’ai pas vraiment dormi, mais mine de rien cela m’a reposé quand même. 18h, je pars pour le Cosmic center de Shinjuku par la gare de Shinjuku (je n’avais pas vraiment vérifié mon trajet, mais il s’avère que ce n’est pas optimal). J’ai donc marché rapidement 40min sous la pluie. Pour arriver dans cet immense bâtiment. Après une petite attente, je rencontre Marios du Tenshinryu Grèce et sa compagne Katerina. Nous faisons rapidement connaissance et ils sont très sympathiques. Je rencontre ensuite Arakawa Ganryu (荒川 岸柳) Sensei en allant au vestiaire puis Takizawa Dofu (滝沢 洞風) Sensei en arrivant dans la salle. Kuwami Masakumo Isshin(鍬海 政雲 一心)arrive ensuite et nous commençons le cours qui durera presque 3 heures. Une longue session avec beaucoup de techniques et une ambiance vraiment amusante. J’aime vraiment ce genre d’ambiance, pratique sérieuse, mais avec humour. Takizawa Sensei et Kuwami Sensei en plus d’être des techniciens remarquables sont extrêmement drôles et ont une relation très amusante. Les pratiquants Japonais sont tous accueillants et le cours passe assez vite. Étant blessé à la main le mois dernier, j’ai relâché mon petit entraînement quotidien et l’intensité de cette pratique fait qu’assez rapidement j’ai des petites abrasions sur les mains… Mon prochain cours est dimanche, j’ai le temps de cicatriser. J’aimerai monter un groupe d’étude de TenshinRyu en France, j’espère en acquérir l’autorisation prochainement. Je travaille donc sérieusement mais le corpus est énorme et je n’ai pas encore assez pratiqué en en maitriser la structure. Chaque chose en son temps.

Je n’ai pas fais de vidéos ni trop de photos du cours car les sensei m’ont expliqué que la direction de cette salle ne veut pas trop que l’on y filme .

Nous allons ensuite manger avec Kuwami Sensei, Kimura san, Marios et Katerina au BigBoy voisin. Avec sa décoration et sa carte très occidentale, Bigboy reste une enseigne typiquement japonaise. C’était très drôle de manger avec Kuwami Sensei en habit traditionnel dans ce restaurant typé brasserie/dinner dont le service est assisté par un robot. La carte est très étrange, car il y a beaucoup de viandes accompagnées : … d’une ou deux autres viandes. Bref, je prends un steak grillé avec son petit gratin presque dauphinois et une coupe “chocolat”, sans boisson. C’était bon, pour environ 18€. J’entends souvent que la nourriture au Japon n’est pas “ chère “, mais en fait, si on prend les prix français (hors Paris) d’avant la crise et qu’on réduit la TVA, ce n’est pas si différent. Alors oui, on mange bien pour un prix raisonnable, mais ce n’est pas non plus « vraiment pas pas cher ! « .

Bref, nous passons un bon moment, et il est déjà l’heure de rentrer sous la pluie. La météo cette semaine n’est pas très favorable aux visites extérieures, mais je n’ai pas encore fait la moindre visite classique des grands quartiers de la ville… Et je vous confirme que personnellement, les quartier ultra modernes et les centres commerciaux ne m’attirent pas du tout. Mais j’ai des petits cadeaux à ramener donc je vais me faire violence pour vous !

Lundi 4 mars 2024 – Shibuya – Eifuku

Shibuya stock

Shibuya

Aujourd’hui est mon premier jour d’école. Je prends donc la Yamanote-sen 山手線 (la ligne Yamanote) en direction de Shibuya 渋谷. À partir d’Ikebukuro 池袋, le train est bondé. Alors oui, on est presque aussi serrés qu’à l’heure de pointe dans le métro de Lyon, mais là, tout le monde est calme, personne ne parle ni ne bouscule. Je suis pile à l’heure, donc petit stress pour trouver l’école, mais je m’en sors. Je ne traîne pas et je file à l’adresse de l’école. Shibuya, mis à part son fameux carrefour et Hachiko, est surtout un énorme carrefour de transports en commun, donc une gigantesque gare tentaculaire sous trois énormes centres commerciaux. Donc, il y a du monde, des escaliers, des escalators et des ascenseurs partout.

Je suis donc reçu par le staff de l’école : EF Japan. Je commence à discuter avec un jeune de Zurich, une Mexicaine et une Colombienne. Nous sommes un grand groupe de nouveaux cette semaine et les niveaux en japonais sont très variés, de rien à franchement pas mal. La vue depuis le campus au 27ème étage de la Cross Tower est impressionnante. Je suis reçu par une enseignante pour mon test de placement et duo avec une autre Française, Morgane de la Martinique. Nous avons à peu près le même niveau et nous répondons aux questions basiques de l’enseignante, le tout en japonais, ce qui est déjà pas mal ! Je ne me suis pas impressionné, car je suis encore très loin d’être réactif en conversation. Je panique un peu, mon cerveau s’embrouille et je galère à comprendre des phrases simples qui sont de mon niveau. Ce voyage arrive au bon moment pour moi, je vais consolider mes bases, et cela m’aidera sûrement à progresser par la suite. Après une petite introduction au programme de la journée, nous partons en groupe (et je découvre un tas de Français, dont un autre d’Annecy !) faire un tour de Shibuya à pied, y compris le grand carrefour que nous traversons en meute de touristes. La journée d’accueil se poursuit, on nous présente le staff, les règles de vie dans le campus et ailleurs. Nous faisons alors une petite pause et j’achète un peu au hasard (car du monde attendait pour choisir derrière moi) mon premier repas/konbini (des supérettes 24/24). Pour être honnête : Autant le quartier de Shibuya et sa surabondance de stimuli ne m’emballe pas du tout, autant j’avoue que la nourriture du konbini est très bonne !

Mais le dernier cours arrive et je n’ai qu’une hâte, partir vite pour mon premier cours de Tate. Malheureusement, le timing est très serré et je dois rejoindre Eifuku pour 13h40, et le cours à Shibuya finit à 13h40. En arrivant, j’ai demandé si je pouvais quitter le cours à 13h30 pour ne pas arriver trop en retard, mais la même personne qui m’avait dit « ok » le matin me dit cette fois « ごめんなさい, ごめんなさい ! » (« désolé » ou plus clairement, « eeeee oui, mais non »). Ok, ce n’est pas grave, c’est le jeu. Mon programme était un peu ambitieux. J’ai prévenu dans la matinée qu’il était probable que j’arrive en retard le temps du transfert. Mon contact m’a excusé, mais je déteste arriver en retard.

13h40 « 皆さん、また明日! » (à demain tout le monde !) et je file comme un voleur. Pas le temps de niaiser à Shibuya, je cours pour compenser mon retard.

Eifuku

14h passées, j’arrive à Eifuku et je dois encore rejoindre la salle sans tarder, heureusement, c’est facile, pas trop loin et le quartier est calme. Je suis mal à l’aise pour plusieurs raisons, j’ai chaud, je suis en retard et je transpire comme un gros étranger que je suis. Sans oublier que je fais encore une expérience inédite ! J’arrive enfin à la salle et je rencontre KAWABATA sensei qui m’accueille gentiment me laisse me changer (et me rafraîchir un peu). Il me présente ensuite la “team ARAGAMI” que j’ai découvert et contacté via Facebook.

Prendre un cours de Tate 殺陣 (escrime japonaise de spectacle) au Japon avec une équipe de professionnels, c’est génial ! Étudier le sabre sous un maximum de formes au Japon, c’est pour ça que j’ai fait tous ces kilomètres et que j’apprends le japonais !

Je suis accueilli chaleureusement par la troupe et une fois les présentations faites, ils me montrent une partie des mouvements que l’on va étudier. Un kata (enchaînement codifié) seul avec cinquante mouvements, comprenant de nombreuses coupes pour forger une habitude de travail adaptée. Je n’aurai le temps que de voir la moitié de ce kata. Ensuite des exercices à deux, pour décortiquer ce grand kata et apprendre la sécurité lors de la pratique. Cela permet de travailler les distances, la “réception” des coups et la mise en application de la pratique solitaire. La sécurité est un point fondamental et conditionne pas mal de formes. Cela permet ensuite de travailler des enchaînements complexes en groupe en y ajoutant de l’acting.

Ensuite, ils me présentent une chorégraphie que je vais reproduire avec trois membres de la troupe. Une fois tous ces exercices faits et la chorégraphie à peu près calée, nous filmons ma performance. Je fais beaucoup de ratés car en accélérant, j’oublie une partie de la chorégraphie, mais au final, nous arrivons à filmer quelque chose de valable. Du moins sur l’écran de mon appareil photo, car sur grand écran je suis tellement insatisfait de ma prestation ! Les membres de la troupe font leur travail sérieusement et sont extrêmement patients avec moi (mais quel galérien je suis). Je ne peux que constater mon manque de pratique régulière et cela me frustre un peu.

Amis français : s’il vous plaît, entraînez vous avec moi !

Après toute cette action, nous avons vu différentes façons de saluer, des positions assises et les déplacements féminins en seiza. Tout cela est passionnant et après la reprise du premier exercice solo, Kawabata sensei me demande “combien de gardes connais-tu ?” J’en montre une douzaine et il me propose de m’en montrer d’autres. Il me présente un enchaînement codifié de 50 gardes différentes ! Si certaines semblent familières, je suis loin de pouvoir restituer tout ça ! Nous discutons un peu, mais malgré l’enthousiasme, mon japonais atteint trop vite ses limites et Google Trad est impuissant dans ces situations.

Apprendre le japonais est dans cette situation indispensable. Pour moi, si vous voulez apprendre les arts martiaux japonais directement des enseignants japonais, échanger directement avec eux transforme complètement l’expérience.

Dans mon cas, le Tate 殺陣 est quasi-inexistant en France, des troupes sont invitées régulièrement à la Japan Expo, mais il y a peu de stages, d’écoles ou de méthodes qui sont proposées. Donc, si je veux apprendre, pratiquer et partager cela en France, je dois faire le chemin vers le Japon. C’est le pitch de l’Alchimiste, vous partez, vous errez, et vous trouvez le trésor à votre point de départ. Vivre au Japon n’est pas mon objectif, j’aime vivre en France et j’aime partager toutes ces pratiques exotiques avec des gens enthousiastes pour la culture du Japon. Pour le faire d’une façon qui me corresponde, je dois pouvoir échanger avec les enseignants qui m’intéressent (et qui sont japonais).

Aujourd’hui j’ai mesuré un peu plus le chemin qu’il me reste à faire pour avoir un niveau décent, en sabre et en japonais. Cela me semble assez insurmontable… Mais bon, j’ai aussi mesuré le chemin déjà parcouru, pas énorme, mais dans la bonne voie.

Demain, ma journée sera au moins aussi exceptionnelle que celle-là. Je suis encore fatigué par le voyage et l’abondance de stimuli et d’informations, mais ce genre de période est rare dans une vie donc je suis content. J’aurai le temps de digérer plus tard.

また明日みなさん。

Dimanche 3 mars 2024 – Ueno – Arakawa

La nuit en capsule.

Avant de me coucher (et de monter la vidéo d’hier jusqu’à assez tard dans la nuit), je suis allé tester le Sento 銭湯 (bain public) de l’hôtel. C’était encore une première fois pour moi. Je suis assez pudique et je ne savais vraiment pas comment m’y prendre. Pour le mode d’emploi, tout est indiqué en anglais sur des panneaux, c’est gérable. Pour la pudeur, eh bien, à un moment il faut choisir entre nos petites habitudes et une expérience unique. Et puis on n’est pas obligé de la jouer trop exhibitionniste non plus. Si on ne traîne pas à poil dans les vestiaires, qu’on se lave de toute façon dos aux autres sur la petite chaise et qu’on rentre dans le bain sans précipitation mais sans traîner : et bien ça aussi c’est gérable !

Tout le monde le dit, les pudiques, allez-y ! C’est dommage de passer à côté. Le bain est très chaud, (il y avait aussi un sauna et un petit bain froid), c’est agréable. Honnêtement je n’étais pas non plus en super détente, mais avec l’habitude je pense que j’apprécierai de plus en plus. Je l’ai pris comme une sorte d’entraînement pour les onsens du reste du voyage. Bref, je pensais que ça me mettrait un coup de fatigue pour dormir plus facilement, mais entre les émotions et le décalage, j’ai eu beaucoup de mal à m’endormir. Par contre une fois lancé, j’ai eu beaucoup de mal à me réveiller… Bref, on n’était pas sur du matelas premium, mais honnêtement pour l’état dans lequel j’étais, je n’aurais pas mieux dormi dans un hôtel plus cher ! Donc, le capsule hôtel est validé. Tant que ce n’est que sur une très courte période, c’est une expérience amusante.

Le parc d’Ueno

上野公園 (Uenokouen) fut ma visite du matin. Il faisait très beau, pas trop froid, et si en effet les cerisiers 桜 (sakura) de l’entrée sont fleuris, ce n’est pas du tout le cas des autres. J’étais vraiment au mode radar et donc je me suis posé sur un banc au soleil pour regarder un match amateur de Baseball 野球 (Yakyū). Il y a beaucoup de touristes en ville et à un moment donné je pense qu’on était une dizaine de Français à regarder le match. J’ai traîné un peu puis je suis allé acheter mes premiers takoyaki たこ焼き (des boules de pâte au poulpe).

Vers 13h30 il est temps d’aller récupérer ma grosse valise dans un coin locker (un casier/conciergerie automatique : pratique et facile d’utilisation) et prendre la Yamanote-sen 山手線 (la ligne Yamanote) direction Tabata 田端 pour retrouver ma famille d’accueil.

Arakawa

Je suis très bien accueilli et découvre mon logement pour les 3 semaines à venir. Fatigué mais motivé pour caler mon rythme de sommeil, je décide d’aller visiter le quartier. Arakawa-ku 荒川区 (ku pour arrondissement) est une banlieue de Tokyo bordée par Sumida Gawa 隅田川 (la rivière Sumida) et bizarrement pas par la rivière Ara (qui est un peu plus loin). Le quartier est typique et assez calme, se balader au bord de la rivière est très agréable. Niveau architecture il est assez amusant de croiser une telle variété de bâtiments. Des maisons contemporaines toute serrées, des habitations plus anciennes voir carrément vétustes, temples très beau et une grande roue !

Voilà pour aujourd’hui ! Pas encore de Tate 殺陣, ni de Iaido 居合道 mais ça vient. L’immersion dans une famille japonaise est une superbe opportunité pour progresser !

Question workflow blog de voyage :

Plusieurs réflexions me viennent déjà. Ce que je produis sur les deux premiers jours m’occupe quelques heures chaque jour. Sur de petites journées comme ça, c’est possible, mais les journées avec un planning plus chargé seront plus difficiles à documenter quotidiennement. Concernant l’appareil photo, pour ne pas perdre trop de temps à éditer les photos et les vidéos, je photographie souvent en automatique (ça ne m’empêche pas de les retoucher après sur Lightroom), et je filme en manuel mais sans trop me prendre la tête. Au montage, je fais des choses très simples aussi. De plus, je travaille sur un ordinateur portable, et ce n’est clairement pas la même puissance qu’une tour. Donc, là aussi, pour gagner du temps, je fais plus simple. Voilà, les geekeries du montage vidéo sont au placard pour le moment. En même temps, le vlog voyage, n’est pas un objectif pro pour moi donc faire du contenu amateur c’est cohérent. J’espère que la qualité de mes petits projets vous plaît quand même.

Samedi 2 Mars 2024 Haneda – Ueno

Jour 1

J’y suis ! Le japon. 

Comme dirait Sam Gamegie, « Ça y est. Encore un pas de plus et ce sera l’endroit le plus éloigné de chez moi, où j’ai jamais été. »

Le vol

Le vol s’est bien passé. J’avais peur d’avoir mal aux oreilles comme lors de mon vol pour l’Angleterre, mais ça a été (si comme moi, vous avez mal aux oreilles en avion, essayez de souffler par les oreilles, en bouchant votre nez et bouche comme en plongée). Le temps de décoller et de manger, j’ai regardé deux films en japonais sous-titrés anglais au catalogue ANA. Le premier : “Je veux manger ton pancréas” est la version live du film animé du même nom (sorti après, mais que j’ai vu en streaming). Basé sur un roman, c’est une histoire d’amour entre un jeune homme paumé et une jeune fille condamnée à mourir. C’est triste, mais c’est pas mal pour écouter la langue, car on est sur du quotidien assez commun. Ensuite, j’ai choisi au hasard « Analog », c’est aussi une histoire d’amour (entre un architecte et une femme dont je vous laisse découvrir l’histoire), pareil : bien pour les débutants comme moi, mais triste aussi. Après, j’ai dormi aussi bien qu’il est possible en restant assis dans un siège d’avion en classe éco, et j’ai fait les dernières heures en regardant “la fille du roi des marais” en français cette fois. Une sorte de thriller américain, dispensable. Ha oui ! J’ai quand même vu le sommet enneigé du mont Fuji depuis le hublot ! Tout le monde s’en fichait dans l’avion, mais moi, j’étais content !

Haneda

J’arrive à Haneda. J’avais fait mon certificat de douane sur le site web “Visit Japan”, mais je n’étais plus sûr d’avoir le bon QR code sur mon téléphone (Oui, car j’avais le QR de l’enregistrement nommé lui aussi “ téléchargement (x)”)… Petit coup de stress inutile, je me suis connecté au wifi de l’aéroport facilement et j’ai repris mon QR facilement. Pas besoin de remplir le papier dans l’avion et l’entrée dans le pays se fait assez facilement. Je récupère ma valise sans difficulté et arrive enfin dans le hall d’Haneda dessiné par Pelli Clarke Pelli Architects. Franchement joli et agréable. Avant de m’aventurer en ville, je veux activer ma carte SIM. Achetée sur Japan Expérience, l’activation n’était pas simplement de mettre la carte dans le téléphone. La petite manip est trouvée facilement grâce au wifi de l’aéroport. La trappe du téléphone fut ouverte avec le trombone de l’office du tourisme (oui, je n’ai pas pensé à prendre un trombone.). J’ai Internet ! Je me dirige donc dans les étages inférieurs pour prendre le monorail. La carte Pasmo que Julien m’a donnée ne marche pas, mais prendre un billet classique est très simple. Il est 17 h 30 et le soleil se couche sous ce ciel bien voilé.

Hamamatsucho

Avant de prendre ma correspondance, je fais un petit tour du quartier, car notre dernier hôtel y sera. C’est un quartier moderne assez sympa. Ce dernier hôtel est un bon choix, car relier Haneda le matin du vol retour sera très facile en monorail.

Okachimachi/Ueno

Comme j’ai soif d’exotisme et d’expérience amusante, j’ai choisi un capsule hôtel pour ma première nuit à Tokyo. Le quartier est animé et intéressant. Et le capsule hôtel offre des services étonnant pour un prix dérisoire. Je prends une douche bien méritée et vais manger ! Le curry à volonté est offert avec la nuit, c’est un peu en mode cantine mais c’est très bon (le “doux” est pas du tout épicé.). Aussi, il y a une énorme mangathèque, une bibliothèque et des magazines (oui de Q aussi). Les sanitaires, douche et sdb communs sont propres et la capsule pour dormir est très drôle ! J’ai fait une petite balade nocturne jusqu’au parc d’Ueno pour vous donner l’ambiance du quartier.

 

Budo

J’ai échangé rapidement avec Kuwami sensei pour les cours de Tenshin ryu, tout se précise, j’ai hâte !

Tate 

J’échange depuis quelques jours avec Abe sensei pour visiter son dojo, là aussi ça avance, j’ai hâte !

Normalement, j’ai un autre cours de Tate entre temps, je vous laisse la surprise.

Japonais

Je peux interagir basiquement avec le personnel de service, c’est très plaisant. Mais quand ça devient plus compliqué, j’ai besoin de plus de temps… Je suis maintenant certain que cette immersion va beaucoup me faire progresser !

Je pense que je vais me reposer un peu ce soir. Je n’écrirai pas autant chaque jour, là tout est nouveau et j’ai un peu de temps, mais ce ne sera pas toujours le cas !

J-1 Départ de Paris

Hier soir, j’ai pris le bus pour Paris. Un flixbus de nuit pour une trentaine d’euros. Pas génial mais bon, c’est fait. Le plus long, c’est d’attendre à CDG. À moins de consommer beaucoup, l’attente longue n’y est pas confortable. Mais j’en profite pour vous écrire ici et en discussion privée.

Je file au couché de soleil de Rumilly ! (en fait non il faisait nuit)
Je file au couché de soleil de Rumilly ! (en fait non il faisait nuit)

Vers 8 h 00, je mange mon petit dej et mon voisin un sandwich, je lui propose du chocolat pour finir sur une note sucrée. Je fais la connaissance de Bruno, qui s’est construit une petite maison dans la campagne sénégalaise. Il est un peu triste de ne plus voir de singes passer devant chez lui à cause de l’urbanisation du village qu’il a choisi il y a 25 ans. Le monde change, partout. On en vient aux arts martiaux et je lui explique que j’essaie de développer ici l’escrime japonaise de spectacle. Il me raconte qu’il y apprécie beaucoup la pratique « formelle » sans confrontation violente. C’est amusant, on se rejoint sur ce point. Il est l’heure pour lui de décoller, « bonne continuation ».

Image d'illustration, en fait je suis dans le terminal 1... vous saviez que faire des photos à l'aéroport est un peu compliqué ?
Image d’illustration, en fait je suis dans le terminal 1… vous saviez que faire des photos à l’aéroport est un peu compliqué ?

Mais au fait, c’est le moment de faire le point sur mes attentes, mes objectifs pour ce voyage !

Pourquoi le Japon ?

À 7 ans, je débute l’Aïkido et découvre les budo (arts martiaux japonais « modernes ») et ça ne me lâche plus depuis ! Ado, mon intérêt s’étend à la culture asiatique plus largement. Et jeune adulte, je plonge dans les arts asiatiques, l’encre de Chine, l’architecture japonaise et les films de samouraïs. Je commence aussi à rencontrer des pratiquants de haut niveau et à essayer de trouver des ressources intéressantes. Malheureusement, la langue devient une barrière que je ne suis pas prêt à escalader et à voyager sur la terre de mes passions n’est pas accessible dans les conditions qui m’intéressent.

Francis : l'un de mes premiers enseignant d'aïkido. Je ne suis même pas sur d'être sur cette photo ^^
Francis : l’un de mes premiers enseignant d’aïkido. Je ne suis même pas sur d’être sur cette photo ^^

Il y a deux ans, un projet professionnel (la reprise de l’entreprise familiale) tombe à l’eau. J’avais déjà ramé pour vivoter de mes cours d’arts en MJC à Lyon, sans vraiment en profiter pour développer ma pratique personnelle… Projet que j’avais aussi abandonné pour cette opportunité (combiné au COVID). C’est assez dur de tout remettre en question encore une fois.

Je me retrouve sans projet et un peu frileux à l’idée de relancer à partir de zéro mes animations artistiques alors que j’avais déjà du mal à en vivre dans une région moins coûteuse que la Haute-Savoie. La décision est prise avec Émilie, si je veux reprendre une carrière artistique, autant le faire avec plus d’engagement, moins de pression financière, et donc quitter la Haute-Savoie. Mais ce projet est un projet de vie à deux et je dois attendre un peu avant d’implanter mon nouveau projet dans une nouvelle zone géographique.

Indice sur ladite zone ;)
Indice sur ladite zone 😉

Pour préparer ça, je me consacre alors à développer ma pratique personnelle et créer une base solide pour cette nouvelle “carrière”. Mes aspirations sont toujours les mêmes, vivre de “mon art” lequel n’était pas encore suffisamment affirmé pour subsister. Cet “Art”, c’est une expression plastique personnelle, mais aussi une expression plus corporelle de ma passion pour les arts martiaux. Cette dualité corps/esprit me semble indispensable pour trouver un équilibre à long terme. Il est temps de partir à la source de mes influences, d’affronter un rêve qui au fil des ans devient plus effrayant que moteur. Je n’envisage pas ce voyage sans la possibilité d’échanger directement avec les Japonais, donc je commence à apprendre le japonais en mars 2022. C’est difficile pour moi qui n’ai jamais été bon en langues étrangères, mais j’ai un objectif. Les planètes s’alignent un peu, mon échec professionnel me laisse avec plus d’argent que je n’en ai jamais eu, je découvre que mon CPF durement acquis peut m’aider à mettre un premier pied au Japon via un séjour linguistique en famille d’accueil, ma belle-mère évoque le désir de découvrir le Japon en famille et mon activité professionnelle n’est pas encore assez établie pour être bloquante. 

Je me lance, je dépense 1 500 € pour un billet d’avion vers une île lointaine. 

Mes objectifs 

  • Parler Japonais ; en-tout-cas suffisamment pour échanger directement avec les gens. Voyager facilement, suivre les cours en japonais, être un peu autonome sur place.
  • Pratiquer ! Le iai, le Tate, mais aussi la photo/vidéo et le dessin. Apprendre directement à la source.
  • Découvrir, errer, traîner, profiter, élargir mon horizon, s’inspirer (manger) pour nourrir mes créations futures.
  • Partager, avec mes amis et famille en France, et avec Émilie et ses parents sur place. Parce que j’aime partager ce qui m’anime ! Parce qu’un bon repas est meilleur à plusieurs et parce qu’échanger sur ces bons moments me permet de les revivre et de ne pas les oublier.
Voilà la seule photo vraiment à propos de cet article.
Voilà la seule photo vraiment à propos de cet article.

À long terme, je compte profiter de ces nouvelles compétences pour enrichir mon projet professionnel. Et oui, car vous présenter mon travail ne me suffit pas, j’aime aussi accompagner les autres dans leurs propres projets.

Après une bonne journée à attendre à CDG, je décolle enfin, direction Haneda pour arriver samedi vers 16 h (10 h en France).

Allez promis demain je met des photos que j’ai faites 😉

Ce subtile montage ne reflète en rien mon décollage.
Ce subtile montage ne reflète en rien mon décollage, mon avion n’a pas de pokemon :(.