Le stage d’arc à cheval avec Floriane Hours le 8 mai 2018 (CR)

Journée d’initiation découverte.

Le 8 mai 2018 à Anse

avec https://www.arc-en-selle.net/ Floriane Hours

Ce qu’on a fait :

En cette belle journée de mai, un petit groupe de novices se retrouve chez Gérard au centre équestre du Bordelan.

Aucun d’entre nous n’est archer et les niveaux équestres sont très variables. Nous sommes 3 cavalières (dont une en formation pour devenir monitrice), 2 débutants club (depuis la rentrée de septembre), 2 non cavaliers qui ont déjà mis les fesses sur un cheval et pratiquent les arts martiaux et 1 pour qui l’art équestre était totalement inconnu. Floriane, la formatrice d’Arc en Selle, nous rejoint et nous attaquons d’entré la partie théorique de la formation.  

Dès les premiers instants c’est l’enthousiasme de Floriane pour sa discipline qui nous touche. Elle nous parle rapidement de son parcours, de l’histoire de cette discipline, de son développement en France et à l’international, puis des différentes épreuves en compétition. Elle nous assure alors que les cavaliers pourront à la fin de la journée se présenter dans une épreuve Club 3. (Les épreuves sont présentées plus en détail plus loin.) Mais trêve de bavardage : passons à l’action.

Nous allons dans le manège (qui est très spacieux). Floriane nous explique les règles de sécurité pour le tir à l’arc nous met en binôme (par taille), il y aura un tireur et un carquois ambulant. La première chose que nous découvrons c’est la façon de tirer et dès le début nous allons faire un choix technique ; le tir au pouce ou le tir à trois doigts. Ils ont tous deux leurs avantages et inconvénients, Floriane nous montre donc ce que cela donne en action et nous propose d’essayer les deux en nous plaçant de profil par rapport à la cible, flèche une à une. Après un petit temps de découverte, elle nous demande de choisir l’une des façon de tirer pour s’y tenir le reste de la journée. Elle nous conseille de choisir par goût (l’histoire, l’esthétique, le feeling,…) et pas par l’efficacité sur le petit temps que nous y avons passé. Elle insiste sur le fait que ce choix de cœur est important et que la progression suivra (et puis ce n’est pas un choix à vie).

DSCF2973

Une fois ce choix fait, nous passons un temps d’entraînement au tir instinctif suivant une graduation de difficulté, à l’arrêt, en marchant, en courant. L’occasion pour nous de nous familiariser avec le tir (toujour assisté de notre carquois ambulant) et pour Floriane de nous donner de nombreux conseils techniques.

Nous passons au cheval, par binôme Gérard attribue alors un cheval par binôme, nous le préparons et une fois la piste de “tir à cheval” installée, nous le désensibilisons au matériel (arc, flèches, tir) à pied puis en selle. Les chevaux que nous avons eu pour la journée étaient tous très calmes par rapport à l’arc et cette étape s’est passée facilement. Cependant c’est un point clefs de la sécurité et il ne doit pas être pris à la légère. Nous suivons la même progression qu’à pied toujours assisté par le carquois ambulant et dès la fin de matinée nous avons tous l’occasion de tirer et toucher les cibles à cheval, au pas ou au trot ou au galop en fonction du niveau d’équitation de l’archer. La matinée s’achève donc sur un bel enthousiasme des stagiaires, car tout le monde y compris les “non cavalier-non archer” ont réussi de nombreux tirs en selle.

Il est l’heure de manger, nous dessellons les chevaux pour une pause bien méritée (même si ce genre de stage n’est pas vraiment éprouvant pour eux). Nous déjeunons donc tous ensemble, l’occasion de parler des expériences de Floriane, de diplôme d’enseignement, et de communication animale. Après le repas, en pleine digestion, il faut relancer tout le monde, Floriane nous propose alors un jeu.

Après un petit échauffement physique, Floriane nous propose donc de faire un “hunger game”. En cercle à pieds, avec trop peu de matériel pour tout le monde nous nous élançons pour une petite partie d’”archery tag” (un jeu ou l’on se tire dessus avec des flèches non dangereuses). Le but : nous décomplexer du tir. Cela marche, bonne ambiance, beaucoup de rires et on tire sans même réfléchir à l’arc et au chargement. L’objectif de l’après midi est annoncé : gagner en rapidité et de se débarrasser du carquois ambulant.

Un fois bien essoufflés nous reprenons avec un peu de technique. Nous découvrons alors le «chargeur» (tenir plusieurs flèches en mains pour tirer) et l’encochage. Comme pour le type de tir, Floriane nous propose différentes techniques et nous choisissons. Nouvelle progression à pied, en courant, en enchaînant et en se retournant. Petit bonus avant de reprendre les chevaux : à l’arrêt, on enchaîne les tirs à courte, moyenne et longue distance.

On selle à nouveau et cette fois on est seul avec son cheval et ses flèches (on guide les chevaux des non cavaliers au début et dès que nécessaire). On enchaîne trois cibles au pas puis six (avec des cibles plus petites) puis en fonction du niveau du cavalier au trot ou au galop. Les non cavaliers non archer finissent par tirer plusieurs fois au trot.

On clôture le stage par une démonstration de Floriane. 

Ce qu’on a aimé et pourquoi :

Plusieurs points fort à ce stage :

  • l’originalité de la discipline, que vous soyez fou poney, d’arts martiaux, de tir à l’arc ou de tous ça vous vous amuserez et prendrez plaisir !
  • la formatrice : Floriane qui grâce à sa passion communicative, sa bonne humeur et la qualité de sa pédagogie vous propose une journée réussie !
  • la satisfaction de la progression. Sur une initiation comme c’était le cas, impossible d’être déçus. On part de rien (ou presque) et on arrive à faire un passage au trot avec plusieurs tir en équilibre qui font mouche.

Pour aller plus loin ( + les sources ):

Quelques points que j’ai retenu :

  • On progresse beaucoup plus vite en arc qu’en cheval au début. (“on fait un archer en une journée mais pas un cavalier”). Pour les non cavaliers, le frein est bien sûr de monter au trois allures sans les mains… Pour le reste, il faut pratiquer ! On voit d’ailleurs qu’à un certain niveau c’est l’archerie qui devient le « levier » de progression. 
  • De nombreuses techniques de bases sont présentées : l’apprentissage passe par un choix de coeur, on choisit par goût et la technique arrive. On n’essaie pas de retenir et pratiquer toutes les techniques. On s’ouvre à la diversité mais la progression commence par un choix.
  • Il vaut mieux tirer après avoir dépassé la cible qu’avant.
  • La capacité à recharger/encocher est déterminante dans la rapidité des tirs
  • on tire à l’instinct, pas le temps de viser , c’est l’expérience par la répétition qui améliorera la qualité du tir.
  • l’état d’esprit est primordial. on ne s’arrête pas sur un échec, trop réfléchir nuit au tir. Et Floriane ne nous à jamais arrêté sur un échec !

Ouverture sur les budo :

  • l’arc à cheval est un art martial. On peut y développer les même qualités que les autres budo, le travail de développement personnel , la sérénité dans l’action, la précision, une construction physique, (et même le rapport à l’autre via le cheval)… Il est donc assez naturel pour les passionné d’arts martiaux « classique » d’avoir envie de tester cela. (d’ailleurs c’est ce qu’il font au Yoseikan budo !)
  • le réalisme de l’action est évident, l’efficacité de telle ou telle technique est mesurable aisément. Passionné par le Japon j’ai demandé ce qu’il en est des japonais dans le paysage de l’arc à cheval. Il y a quelques temps, il semblerait que experts japonais du yabusame ont été invités pour une compétition internationale. Il semblerait qu’ils aient fourni de très mauvais résultats en conservant le matériel traditionnel… Mais il faut relativiser, le yabusame, tels qu’il est pratiqué au Japon est une pratique purement culturelle et traditionnelle. Il s’inscrit dans une cérémonie shinto. Cela soulève une question : peut-on tout comparer ? il y a de toute évidence une opposition entre tradition et efficacité (attention à l’influence de la technologie (nouveaux arcs) dans ce rapport), peut-on comparer les traditions (en respectant l’époque)? L’important n’est-il pas le choix de cœur ? La conservation culturelle ne recèle-t-elle pas des merveilles qui dépasse la question de l’efficacité “absolue”. Pour ceux qui veulent en débattre lâchez vous dans les commentaires mais s’il vous plait regardez Princesse Mononoke avant …

Vous en voulez encore plus :

Les pratiquants

Lajos Kassai : Un archer Hongrois star dans la discipline. Il a crée un camps d’entrainement qui fait franchement rêver. Ses performances sont impressionnantes et il étend sa pratique de façon très large.

Mihai Cozmei : Un archer Roumain qui cartonne en compétition

Lukas Novotny : Un archer d’origine tchèque fabriquant des arcs. Une légende.

Les épreuves :

Floriane nous présenté 3 catégories d’épreuves (Textes extraient de ce document de la FITE)

Hongroise : épreuve de répétition
« L’objectif est de tirer un maximum de flèches dans un temps imparti de 20 secondes. Cette épreuve demande de la précision aux archers, ainsi qu’une maîtrise de leur monture. Le couple évolue dans un galop contrôlé, effectuant 9 passages au total. L’endurance du cheval est également sollicitée. Cette épreuve est dominée par la Hongrie avec un record, à ce jour, de 13 flèches en cible lors d’un passage. »

Coréenne : épreuve de vitesse et précision
« Epreuve en 3 phases, pendant laquelle les cavaliers doivent  marquer un maximum de points en respectant la contrainte d’une flèche par cible à une vitesse élevée. Six passages sont effectués avec des tirs avants, arrières et latéraux. »

Polonaise : épreuve en terrain varié
« L’archer évolue au galop sur un terrain varié plus long et plus large que les autres épreuves. La technique équestre est particulièrement mise en avant. Le cavalier doit gérer l’équilibre de sa monture tout en effectuant les meilleurs tirs.
L’archer peut tirer autant de flèches qu’il souhaite par cible, seule les meilleures flèches sont comptabilisées. Un classement final est établi après le passage de l’ensemble des cavaliers sur les quatre épreuves. Le cavalier totalisant le maximum de points remporte la compétition. »

Les règles en vigueur dans la FFE diffèrent des règles à l’internationale (distance, équipements, …) et les modalités d’épreuve varient en fonction du niveau.

On en a pas parlé pendant le stage mais il existe aussi les épreuves :

Turque : avec des tir en hauteur

Mongole  : je n’ai pas trouvé de vidéo vraiment cool… mais envoyez en nous si vous en trouvez !

Coréenne mogu : (on tire sur un ballon tracté par équipe de deux)

Japonaise  : le Yabusame avec l’Ogasawa ryu : l’une des deux grandes écoles de uYabusame. (un article en français : https://www.nippon.com/fr/views/b02335/?pnum=2 et la page d’un groupe français qui fait du Yabusame ) 

Plus d’info :

Le site de la fédération française d’Equitation : https://www.ffe.com/Disciplines/Culture-Tradition/Tir-a-l-arc-a-cheval/Reglement 

Le matériel recommandé par la FFE :  http://archerie-cheval-arc.eu/ ou http://www.limousin-archerie.fr/fr/

Un article pas moche : https://www.chassons.com/le-tir-larc-cheval/

Une pensée

  1. Hello! 🙂

    Je suis le novice présenté en début de ce billet ! Malgré ma méconnaissance complète du sujet, cela ne m’a absolument pas empêché de profiter pleinement de cette journée qui fut très agréable, aussi bien pour l’expérience ludique que relationnelle (humaine et animale).

    Le déroulement de la journée était très bien pensé. Expérimenter l’arc au sol dans un premier temps m’a permis d’appréhender petit à petit les lieux et m’a permis de faire connaissance avec ma monture sans précipitations (cette rencontre étant ma plus grosse appréhension, elle s’est finalement passée sans accros).

    Floriane fut également très avenante en laissant les participants pratiquer les activités proposées à leur rythme. Pour avant tout y prendre plaisir.

    La courbe de progression était par ailleurs satisfaisante et s’est faite très naturellement. Les activités étant présentées simplement et se complexifiant au fur et à mesure. Je suis passé de débutant complet à une situation d’autonomie où je pouvais diriger ma monture moi-même, gérer son allure et placer mes tirs comme je le souhaitais. Si bien que mes derniers passages furent vraiment motivant et encourageant. Avec l’envie d’encocher toujours plus vite, de toucher un maximum de cible et de maîtriser le tir en fonction des différentes allures du cheval !

    Le ressenti avec ce dernier fut très plaisant. La différence entre tirer au sol et sur un cheval en mouvement est particulière mais assimilable étonnamment rapidement. Une fois l’équilibre trouvé, il n’est plus question que de précision dans ses gestes pour tirer ses flèches correctement.

    Le fait d’être entouré de passionné apportait également beaucoup. Floriane prévenante et les cavaliers, tous de bons conseils sur les bonnes pratiques à respecter ainsi que pour faire découvrir leur affection de l’équitation.

    Globalement, je suis ressorti de cette journée très satisfait. Notamment pour ce que j’ai été capable de faire sur mes derniers passages ainsi que tout ce que j’ai pu y découvrir. Si bien, que ça ne me déplairait pas de remonter à cheval pour expérimenter l’art de l’équitation dans d’autres situations (et pourquoi pas retenter l’expérience avec un niveau plus avancé).

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s